Cette balade s’adresse à des familles plutôt sportives.
En effet, la Montagne Saint-Pierre, c’est un site naturel vraiment exceptionnel situé à l’ouest du Canal Albert et de la Meuse mais il est assez costaud du point de vue du relief.
Magnifiquement aménagé, il est truffé de sentiers pittoresques, de petits escaliers formés de billes de bois qui serpentent sur le versant parfois assez abrupt, de grottes et d’entrées d’anciennes mines de silex ou de craie. Mais bon, par endroit, ça grimpe pas mal, mieux vaut le dire avant !
La Meuse, qui a creusé son sillon dans des couches sédimentaires calcaires, dues à la présence de la mer à une époque très très lointaine - avant l’actuelle dérive des continents - a laissé des traces étonnantes ici, dont des fossiles que l’on n’aurait pas pu soupçonner…
Dans la vallée, ce n’est pas le seul cours d’eau : le Canal Albert la suit en parallèle dans le même sillon, avant de la quitter précisément en aval d’Eben-Emael. Contrairement à la Meuse qui traverse Maastricht, le Canal Albert contourne la ville par l’ouest tout en se tenant dans les limites frontalières belges, puis il file vers le nord-ouest par le Limbourg (Genk, Hasselt) pour se diriger vers Anvers et l’estuaire de l’Escaut.
Cette balade part à sa rencontre depuis le village d’Emael. C’est aux abords de son sillon que l’on rencontre la fameuse Montagne Saint-Pierre qui ravira les amateurs de curiosités naturelles tant le site est riche en la matière.
Ca grimpe encore un coup pour quitter le site puis elle se cantonne ensuite sur ses hauteurs aux reliefs plus cléments, avant de regagner Emael par une autre curiosité intéressante : le Fort d’Eben-Emael.
On rejoint alors la vallée du Geer. Cette rivière est un affluent de la Meuse qui prend sa source dans les environs de Hannut. Il passe ainsi à Waremme, Tongres, Bassenge, Riemst puis se jette dans la Meuse à Maastricht.
Puis au moment de quitter le vaste fort, de bonnes surprises nous attendent encore : le Moulin de Loverix où il est possible de se ravitailler en cours de route puis pour finir en beauté, le biotope de la Guizette, un parc joliment aménagé situé entre le Geer et le village.


Ce site est riche en flore calcicole. Pollinifère, elle est très variée.
Le microclimat de la vallée de la Basse Geer, y contribue beaucoup.
La faune est également très riche au niveau des batraciens, des oiseaux ou encore des mammifères tels que le blaireau.
On y découvre d’anciennes carrières de silex et de tuffeau, une craie sablée. Les galeries de celles-ci permettent l’hibernation d’espèces de chauve-souris.
Une race particulière de moutons permet un pâturage extensif de cette zone.
La carrière Marnebel qui souhaite étendre ses activités trouve une farouche opposition de la part des associations de la nature ainsi que des riverains.


La montagne toute entière est limitée à l’est par la Meuse et à l’ouest par le Geer. Le canal Albert coupe la montagne en deux sur 1300 mètres et sur une hauteur de 65 m. Elle s’étend à la fois sur les territoires belge et néerlandais.
La réserve naturelle couvre quant à elle une quarantaine d’hectares sur le flanc mosan du plateau calcaire.
La partie la plus haute en altitude se situe aux Pays-Bas au niveau de la colline De Observant qui culmine à 171 m.
Avant que les continents ne trouvent leur position actuelle, en dérivant au fil des millions d’années, la région était recouverte par la mer, à l’ère du crétacé supérieur. Le cycle de la vie et de la mort de milliers d’animaux marins et surtout de nombreux unicellulaires à squelettes calcaires, ont laissé de vastes dépôts qui ont été érodés au fil du temps par la Meuse, creusant son sillon. On retrouve ainsi dans la roche, des fossiles d’animaux marins comme des oursins ou des coquillages. On retrouve même des dents de requins ou des pinces de crabe !
Cette zone a longtemps fait l’objet d’un pâturage ovin. Cela engendrait une végétation plutôt basse de plantes à fleurs. Mais une fois cette pratique abandonnée, les graminées reprennent le dessus, puis les arbustes tels que les ronces, les aubépines et les pruneliers, puis la forêt dont le bouleau est généralement la première espèce à pousser. Chênes, érables, charmes et merisiers venant en général en dernier lieu.
On essaye parfois de retrouver les pelouses calcaires du premier stade, assez rares et riches en espèces végétales ; soit par le fauchage, soit en rasant les arbustes, soit en coupant des arbres selon le stade d’évolution de la végétation.
Ce type de vallée est dite sèche à cause que l’eau s’infiltre directement dans le sol calcaire et donc très poreux. La nappe phréatique se trouve au niveau de la Meuse.
Elle a en fait été creusée lors de la dernière période glaciaire, lorsque l’eau en phase de dégel s’écoulait sur la pente, alors que le sol était toujours gelé.
Les tunnels végétaux génèrent une fraîcheur particulière. Ils sont jonchés de pas mal d’espèces de fleurs.
Du point de vue de la faune, le blaireau profite des nombreuses cavités pour y établir son terrier. Plusieurs espèces avicoles occupent également les lieux : les troglodytes, les fauvettes ou encore les rossignols.


Un bois de saule jonché d’orchidées s’y est formé naturellement.


Le plan de ce fort, qui surplombe de 65 m le Canal Albert, forme un pentagone irrégulier d’une surface de 0,75 km². Il s’agissait du plus grand fort jamais construit à son époque.
Lors de l’offensive de mai 1940, les portes intérieures ont été arrachées par des explosions. Au final, elle doit être abandonnée le jour même.

Cette zone humide, récupérée lors d’une modification du cours du Geer entre 1970 et 1973, a été aménagée par l’administration communale de Bassenge.
Elle est dès lors devenue une zone de détente mais aussi un refuge pour les batraciens, qui avaient été perturbés lors des travaux de redressement de la rivière.